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Mas d’Intras, une histoire de racine ..

Dans une exploitation, tout est souvent histoire de racines. Lorsque Alphonse Robert hérite de l’exploitation familiale sur la commune de Valvignères en 1965, cela fait quatre siècles qu’elle est dans la famille. Elle compte des vignes, des vergers et des céréales et il y travaille depuis l’âge de 14 ans, en 1943.

Alphonse a 10 ans, en 1939

Alphonse a 10 ans, en 1939

Il participe en 1952 à la création de la cave coopérative communale, mais décide avec sa femme Françoise de s’en retirer en 1980 pour créer leur propre cave. C’est un pari risqué car tout doit être créé de A à Z, mais à tout juste 50 ans ils se lancent dans le but de pouvoir installer leurs deux fils Denis et Emmanuel, qui ont alors 11 et 13 ans.

Ainsi naît le « Mas d’Intras », du nom du hameau de 3 familles où ils habitent. « Intras » signifie « Entrée » de la « Vallis Vinaria », la bien nommée « Vallée de la Vigne » qui a donné son nom à la commune de Valvignères.

La fine équipe Robert

Ils sont aidés de leurs fils Emmanuel (11 ans) et Denis (13 ans). La première remorque de raisin arrive au Mas d’Intras (dont le nom n’est pas encore défini…) le 10 Septembre 1982. Il s’agit de Grenache de “Trace Nègre”. Un autre petit garçon est présent, leur cousin Sébastien Pradal (7 ans). Aujourd’hui, ce sont Denis et Sébastien qui gèrent ensemble le domaine familial, Emmanuel ayant changé d’orientation professionnelle en 2010, après plus de 20 ans de bons et loyaux services comme on dit.

Sébastien et Denis

Leur équipe compte 6 personnes, et la partie féminine – avec Ida, Marie Julienne et Caroline qui s’occupent de l’accueil, des commandes, des clients, des tournées et de la comptabilité – représente le socle sur lequel s’appuie la partie commerciale et viticole ainsi que la cave.

Depuis les années 1960, la plupart des vignobles mondiaux sont désherbés chimiquement à 100%. L’herbe y est arrosée avec des herbicides qui la détruisent et polluent l’eau de ruissellement. En 1998, suite à des problèmes d’empoisonnement, Denis réalise qu’il est vital d’évoluer vers un respect accru de l’environnement. Ils mettent progressivement en place des pratiques plus saines, pour arriver en 2009 à une conversion officielle à la viticulture biologique (la “bio”). Aujourd’hui, 100% de leurs vins sont agréés AB et certains sont même “nature”, c’est à dire embouteillés sans adjonction de sulfites ou avec moins de 30mg/l de sulfites.

« Nous utilisons le moins de sulfites possible, et depuis 2014 nous proposons une gamme de vins “nature”. Les sulfites sont “en principe” indispensables pour la conservation du vin, mais nous visons à les réduire de plus en plus et remarquons depuis 2009 qu’un travail propre et soigné peut permettre de produire des vins stables bien que non sulfités. Bien sûr, le respect de l’environnement ne se cantonne pas à l’utilisation ou non de produits chimiques de synthèse. Il est important que le vigneron ait une philosophie cohérente sur l’ensemble de sa chaîne de production, en termes d’énergie, de santé, d’entretien des paysages, d’emploi… Seul le consommateur qui connaît son vigneron peut s’assurer de la vraie philosophie de celui-ci, de la parcelle de vigne  jusqu’à la mise en bouteilles… et lui accorder la confiance qu’il mérite.»

Leur réflexion va plus loin : en 2003 ils réalisent une liaison entre les panneaux solaires thermiques de leur maison et la cave. C’est maintenant le soleil qui aide à la fermentation du vin après la récolte. Ils utilisent des bouteilles de 400gr et non les classiques bouteilles pesant 550/600gr, soit une économie annuelle de 20 tonnes de verre. Le WWF (World Wildlife Fund) à lancé dès 2002 un appel aux vignerons, pour qu´ils privilégient le bouchage en liège. Le Mas, qui hésitait alors à passer au “plastique”, décide de s’engager au contraire pour des bouchons en liège encore plus “verts”. Ils se penchent aussi sur le recyclage des cartons de livraison et depuis janvier 2015, le vin est autant que possible acheminé par péniche. Vous vous souvenez : Alizarine devenu Canalien.

Et leurs vins ? Et bien le vignoble du Mas d’Intras se compose de 24 parcelles pour un total de 25 hectares conduits à 100% en agriculture biologique et certifiés depuis 2009. La plupart de leurs vins ont obtenu le label officiel “IGP Ardèche” (Indication Géographie Protégée), mais s’il le faut ils préfèrent les commercialiser en honnête “Vin de France” plutôt que de devoir les “corriger”. Leurs trois cépages rouges principaux originaires de l’Ardèche sont le Grenache, la Syrah et le Carignan, ceux qu’on retrouve dans la composition de presque chaque Côtes-du-Rhône. Ils cultivent aussi le Cinsault, un vieux cépage adapté au rosé, le Merlot et le Cabernet Sauvignon. Et pour leur vins blancs depuis 1990 ils exploitent du Chardonnay mais également du Vermentino et du Viognier. Le Viognier est un cépage blanc rare, originaire de la région de Condrieu, au Sud de Lyon. Il est cultivé sur les contreforts ardéchois du Massif Central et entre Perpignan et Montpellier. La France est de très loin le premier producteur mondial de Viognier.

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